{"id":1508,"date":"2021-11-02T10:37:43","date_gmt":"2021-11-02T09:37:43","guid":{"rendered":"https:\/\/ezequielvolpe.com\/?p=1508"},"modified":"2021-11-02T17:53:55","modified_gmt":"2021-11-02T16:53:55","slug":"honte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ezequielvolpe.com\/en\/honte\/","title":{"rendered":"Honte"},"content":{"rendered":"<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"1508\" class=\"elementor elementor-1508\" data-elementor-settings=\"[]\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-section-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-3c4859e elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"3c4859e\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-e2000c4\" data-id=\"e2000c4\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-99591e8 elementor-widget elementor-widget-spacer\" data-id=\"99591e8\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"spacer.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-spacer\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-spacer-inner\"><\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-4d0b10f elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"4d0b10f\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-8ddd169\" data-id=\"8ddd169\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-3cca83f elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"3cca83f\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Camille rentra tard du travail. Il \u00e9tait presque minuit. Son sup\u00e9rieur lui avait demand\u00e9 de faire des heures suppl\u00e9mentaires. Ces heures ne seraient pas r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es. Ce n\u2019\u00e9tait pas non plus un \u00e9v\u00e9nement extraordinaire, ce m\u00eame sch\u00e9ma se reproduisait quotidiennement. Elle n\u2019\u00e9tait pas s\u00fbre du pourquoi de cette circonstance dans laquelle elle s\u2019\u00e9tait retrouv\u00e9e, ni comment elle aurait pu s\u2019en d\u00e9livrer, si encore elle l\u2019eut voulu vraiment, et de cela elle n\u2019\u00e9tait pas certaine non plus. Elle se souvenait de la premi\u00e8re fois qu\u2019il lui avait demand\u00e9 de rester une demi heure de plus \u00e0 son bureau pour effectuer une t\u00e2che qui pouvait attendre au lendemain ; il s\u2019\u00e9tait dirig\u00e9 \u00e0 elle avec autorit\u00e9 et un dur semblant de compassion, elle s\u2019\u00e9tait sentie assujettie \u00e0 un frisson qui lui dicta sa soumission. Depuis, impossible de briser le lien de pouvoir qu\u2019il avait sur elle, et celui-ci s\u2019\u00e9mancipait chaque fois plus des ant\u00e9rieures restrictions sans cesse renouvel\u00e9es. Un jour il alla m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 lui masser le vagin en mettant une main sous sa jupe alors qu\u2019elle se trouvait \u00e0 la photocopieuse ; il faufila sa main par derri\u00e8re, elle savait d\u00e9j\u00e0 que c\u2019\u00e9tait lui en entendant ses pas dans le couloir s\u2019approcher de la salle exigu\u00eb \u00e0 la porte entrouverte. Elle ne ressentait rien. C\u2019\u00e9tait l\u00e0 sa r\u00e9alit\u00e9, elle le comprenait. Sa place \u00e9tait l\u00e0 car c\u2019est l\u00e0 qu\u2019elle se sentait le mieux, et bizarrement, elle se sentait sp\u00e9ciale.<\/p><p>\u00a0<\/p><p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Elle prit une bouteille de rouge \u00e0 demi pleine et alla s\u2019installer sur le canap\u00e9 pour se vider la t\u00eate devant la t\u00e9l\u00e9vision. Elle regardait l\u2019\u00e9cran mais demeurait impassible aux images anim\u00e9es projet\u00e9es d\u2019une lumi\u00e8re incandescente sur le voile noir de sa vision. La bouteille fut vid\u00e9e sans affect et elle en ouvrit une nouvelle. Sa t\u00eate \u00e9tait pleine de mille pens\u00e9es indistinctes. Rapidement elle s\u2019endormit.<\/p><p>\u00a0<\/p><p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 A l\u2019heure tardive de la nuit o\u00f9 le r\u00e9veil abrupt fait p\u00e9n\u00e9trer dans le royaume des sens les souvenirs engloutis qui nourrissent nos r\u00eaves \u00e9tranges, dans une attention feutr\u00e9e d\u2019irr\u00e9el, Camille visionna un fait divers qui passait \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision rest\u00e9e allum\u00e9e. Une femme venait de recevoir soixante-douze coups de couteau qui l\u2019avaient men\u00e9e \u00e0 sa mort. Le crime avait eu lieu \u00e0 Bergerac. Le meurtrier semblait s\u2019\u00eatre incarn\u00e9 de l\u2019air immat\u00e9riel pour emmener avec lui sa victime choisie et aucune trace ne lui surv\u00e9cut sur le lieu du crime. Bergerac \u00e9tait un village qu\u2019elle connaissait. Son p\u00e8re \u00e9tait n\u00e9 l\u00e0-bas. Elle ne s\u2019incorpora pas pour autant, sa t\u00eate \u00e9tait lourde du vin ingurgit\u00e9, elle ne se contenta que d\u2019\u00e9teindre l\u2019\u00e9cran et se rendormit aussit\u00f4t.<\/p><p>\u00a0<\/p><p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Au travail le lendemain elle traversa sa journ\u00e9e avec son apathie habituelle, qu\u2019elle tentait d\u2019injecter de sens, ou \u00e0 d\u00e9faut au moins d\u2019envie, d\u2019une envie quelconque, mais un objectif de r\u00e9alisation inexistant lui interdisait de se justifier ses sacrifices, son moteur int\u00e9rieur ayant \u00e9t\u00e9 us\u00e9 aux \u00e9checs pass\u00e9s. Rien n\u2019avait de raison de changer. Son occupation l\u2019int\u00e9ressait autant que les nouvelles collections des magasins, et elle n\u2019\u00e9tait pas du tout \u00e0 la mode ; quand bien m\u00eame, son corps \u00e9tait mis en valeur, comme elle \u00e9tait sensuelle dans son intimit\u00e9 et qu\u2019une lascivit\u00e9 naturelle h\u00e9rissait ses d\u00e9sirs en stimuli constants ; son regard vitreux aguichait les hommes et cr\u00e9ait chez eux un irr\u00e9pressible appel \u00e0 la p\u00e9n\u00e9tration sauvage dont elle se satisfaisait, sa vanit\u00e9 caress\u00e9e \u00e0 la lueur des savoureux rejets. Elle accomplissait, pareil \u00e0 l\u2019identique, dans un formatage temporel qui se rigidifiait et s\u2019am\u00e9liorait perp\u00e9tuellement, fruit de son bon vouloir ; de son go\u00fbt pour ce qui est connu et ne pr\u00e9sente pas de danger. En contenant son exp\u00e9rience de la vie elle avait le sentiment d\u2019emmagasiner de nouveaux apports \u00e0 ses th\u00e9ories sur l\u2019existence et les gens et la mani\u00e8re dont ils entrent en relation. Elle avait beaucoup de th\u00e9ories, chaque information \u00e9tait trait\u00e9e analytiquement et organis\u00e9e au sein de sa superstructure c\u00e9r\u00e9brale. Bien des fois, elle se trompait et corrigeait. Elle gardait un certain espoir, de devenir quelqu\u2019un d\u2019autre, de tenir bon jusqu\u2019au moment r\u00e9v\u00e9lateur qui ferait d\u2019elle un \u00eatre meilleur, moins peureux. Mais elle avan\u00e7ait tr\u00e8s lentement.<\/p><p>\u00a0<\/p><p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Elle rentra tard du travail et laissa tomber ses projets sur le sol, ces projets qu\u2019elle portait le jour mais qui, lorsque le soir tombait, rev\u00eataient leur r\u00e9elle nature impossible. Dans le m\u00e9tro elle avait cru voir le visage d\u00e9figur\u00e9 de la femme dont le triste sort lui avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9 deux semaines plus t\u00f4t ; l\u2019empreinte de ce qu\u2019elle avait v\u00e9cu comme une fantastique hallucination continuait d\u2019injecter ses repr\u00e9sentations profondes d\u2019un nectar venimeux, suivant les sombres parall\u00e9lismes entre elle et la victime que cr\u00e9ait sa pens\u00e9e insalubre. Elle voulait savoir comment proc\u00e9dait l\u2019investigation et pour cela elle passa les cha\u00eenes et tenta de donner avec l\u2019exp\u00e9dient, or elle ne trouva nulle part de quoi apaiser son angoisse, et d\u2019autrement contrer la projection fatidique de son destin clos, pour laquelle elle ne trouvait d\u2019explication logique, de cause valable. Malgr\u00e9 elle, ses deux avortements lui vinrent \u00e0 l\u2019esprit, tout comme ce fianc\u00e9 qu\u2019elle abandonna. Ces malencontreuses marges entam\u00e9es luttaient contre sa r\u00e9silience pour la subvertir au d\u00e9sespoir essentiel qu\u2019elle ressentait. Pein\u00e9e par les fautes commises \u00e0 l\u2019autel de sa l\u00e2chet\u00e9, une visqueuse sensation d\u2019auto-congratulation lui venait lorsqu\u2019elle parvenait \u00e0 \u00eatre suffisamment sinc\u00e8re pour se rendre compte qu\u2019elle \u00e9tait indiff\u00e9rente, en fait, \u00e0 ces erreurs, et elle se reprenait en comprenant que m\u00eame si elle ne serait jamais capable de changer, elle m\u00e9ritait aussi de vivre. Son inqui\u00e9tude \u00e9tait plus pr\u00e9sente depuis ce meurtre, dont elle aurait pu presque jurer qu\u2019elle avait \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin tellement elle s\u2019en \u00e9tait impr\u00e9gn\u00e9e.<\/p><p>\u00a0<\/p><p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Dans la solitude dont elle avait pourvu sa peur de l\u2019autre, dont elle se prot\u00e9geait, nul n\u2019\u00e9tait capable de lui professer les bienfaits de la lumi\u00e8re et de la vie au-dehors des murs contraignants du confort de la passivit\u00e9. D\u00e9sabus\u00e9e, mal-\u00e0-l\u2019aise, avec l\u2019\u00e9trange sensation d\u2019une souterraine affliction et subjugu\u00e9e aux risques de ces fantaisies obscures qui la rendaient si unique, elle chercha en elle le bien-\u00eatre profond mais ne remonta qu\u2019avec une exaltation irr\u00e9solue.<\/p><p>\u00a0<\/p><p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Elle reconnut des fant\u00f4mes dans les ombres de ses meubles. Trop expos\u00e9e pour pouvoir prendre le recul n\u00e9cessaire, elle d\u00e9passa les appels \u00e0 la souffrance et continua de penser au lendemain : elle avait un rendez-vous galant. Elle se r\u00e9jouit et la t\u00e9l\u00e9vision diffusa en nouvelle extraordinaire le nouveau meurtre d\u2019une jeune femme, secr\u00e9taire ex\u00e9cutive dans une petite entreprise \u00e0 M\u00e2con, poignard\u00e9e \u00e0 cinquante huit reprises, la plupart des coups port\u00e9s \u00e0 l\u2019abdomen. Camille les identifia avec ses enfants qui n\u2019avaient jamais \u00e9t\u00e9. Elle se tortilla sur le canap\u00e9 \u00e9prise d\u2019une douleur. Deux enfants en bas \u00e2ge rentr\u00e8rent et se mirent \u00e0 jouer avec elle, sans prendre conscience de son \u00e9tat ; ils agirent ainsi puis s\u2019ennuy\u00e8rent de son attitude et se mirent \u00e0 pleurer inconsolables.<\/p><p>\u00a0<\/p><p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Camille revint \u00e0 elle, elle tenait la t\u00e9l\u00e9commande dans la main, le regard fig\u00e9 sur le t\u00e9l\u00e9viseur, le dos droitement inclin\u00e9 et les coudes pos\u00e9s sur les genoux. Elle venait de partir ailleurs, dans une sorte de d\u00e9j\u00e0-vu. Elle reprit son souffle doucement. La sc\u00e8ne qu\u2019elle venait d\u2019imaginer se produisit alors et l\u2019annonce exclusive lui apprit \u00e0 nouveau le meurtre de la jeune salari\u00e9e \u00e0 M\u00e2con, dans les m\u00eames d\u00e9tails exacts. Elle se retourna brusquement pour voir si quelqu\u2019un \u00e9tait derri\u00e8re elle, d\u2019apr\u00e8s une id\u00e9e farfelue. Elle demeura ainsi un instant puis se tourna. Sa stup\u00e9faction \u00e9tait telle qu\u2019elle peina \u00e0 appr\u00e9hender ce qui lui arrivait. Elle avait souvent eu des discussions imaginaires avec ses enfants disparus de n\u2019avoir exist\u00e9 et c\u2019\u00e9taient bien ceux qui lui avaient rendu visite dans son hallucination. Ils \u00e9taient \u00e9perdument tristes ; elle eut la promptitude d\u2019esprit de concevoir leur tristesse comme sa propre projection \u00ab car comment pourrait-on souffrir si l\u2019on n\u2019existe pas ? \u00bb Deux rires s\u2019\u00e9levaient en son int\u00e9rieur : les enfants jouaient en elle, loin dans sa m\u00e9moire. Son rythme cardiaque s\u2019acc\u00e9l\u00e9ra et elle dut se coucher sur le sol pour apprivoiser son mal.<\/p><p>\u00a0<\/p><p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Dans cette m\u00eame position elle se r\u00e9veilla la matin\u00e9e suivante. Apr\u00e8s sa journ\u00e9e de bureau elle rencontra Paul pour un verre. Depuis qu\u2019elle ouvrit les yeux son estomac crevait de romance ; un oc\u00e9an de primitive n\u00e9cessit\u00e9, le voluptueux besoin d\u2019alimenter son narcissisme bris\u00e9 \u00e9tait ce qui la poussait \u00e0 entretenir des relations courtes et superficielles ; tout un spectacle se tramait pour l\u2019intr\u00e9pide inconscient, qui recevrait de sa vanit\u00e9 les restes n\u00e9gligeables d\u2019un rapport humain incomplet, insuffisant. Elle voulait poss\u00e9der Paul, lui intimer la mysticit\u00e9 de son univers et le r\u00e9duire \u00e0 sa volont\u00e9 exclusive, pour qu\u2019il ne soit qu\u2019affam\u00e9 d\u2019elle \u00e0 toute heure.<\/p><p>\u00a0<\/p><p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ils se parlaient et son regard pesant sur elle avec la lourdeur et la tension du d\u00e9sir libidineux pin\u00e7ait ses zones \u00e9rog\u00e8nes. Impossible cependant d\u2019\u00eatre avec lui ; son corps certes jouait le jeu de la s\u00e9duction, elle minaudait, son visage \u00e9chappait avec charme aux tentatives de rapatriement spirituel auxquelles elle \u00e9tait incit\u00e9e par ses yeux caverneux et noirs d\u2019avidit\u00e9 charnelle or plus il la regardait s\u00e9v\u00e8rement plus elle se donnait des airs de chatte inassouvie, ronronnant pour obtenir sa dose de consid\u00e9ration m\u00e9rit\u00e9e avant de dispara\u00eetre, satisfaite d\u2019avoir laiss\u00e9 derri\u00e8re elle la douloureuse envie r\u00e9prim\u00e9e du jeune cadre s\u00fbr de lui et l\u2019incompr\u00e9hension aussi de l\u2019\u00e9ternel n\u00e9ophyte qui reviendrait \u00e0 la charge d\u00e8s que possible, nourri de l\u2019expectative et de l\u2019espoir de son corps ferme sous le sien, livr\u00e9 \u00e0 son \u00e9go\u00efste consommation. Non, elle n\u2019\u00e9tait jamais elle-m\u00eame, elle n\u2019aurait su dire d\u2019ailleurs qui cela eut pu bien \u00eatre, cette Camille dont elle \u00e9tait cens\u00e9e vivre les jours, exp\u00e9rimenter les d\u00e9sirs et ambitions pourtant inexistants. Tout en elle n\u2019\u00e9tait qu\u2019anxi\u00e9t\u00e9 et aride perdition et les regards qui tombaient \u00e0 ses pieds l\u2019emplissaient d\u2019une motivation \u00e0 l\u2019accomplissement de grandes \u0153uvres, qu\u2019elle ne savait d\u00e9finir et pour lesquelles elle ne faisait strictement rien.<\/p><p>\u00a0<\/p><p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Rentr\u00e9e chez elle apr\u00e8s un d\u00eener plaisant et gratuit, couronn\u00e9 d\u2019un dessert embras\u00e9, baiser rejet\u00e9 avec pr\u00e9caution pour ne pas briser toute id\u00e9e d\u2019initiative future qu\u2019il pourrait avoir, elle se planta devant la fen\u00eatre et posa sur celle-ci une main. Elle regarda sa main tout comme elle percevait son reflet. L\u2019\u00e9lectrique ambiance \u00e9clata en une pluie diluvienne. Amus\u00e9e, elle ouvrit la fen\u00eatre pour se baigner dans cette pr\u00e9monition c\u00e9leste ; elle laissa couler sur ses joues les grasses gouttes et livra son visage \u00e0 cette caresse d\u2019oubli, et comme elle se perdait dans ce moment se rapprochait-elle dangereusement d\u2019elle-m\u00eame ; ses mouvances int\u00e9rieures constituaient un fleuve de sourds cris aux implications mortelles, et elle se laissa bercer par la volupt\u00e9 diabolique.<\/p><p>\u00a0<\/p><p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Vertige \u2013 tombant \u00e0 l\u2019envers de ce puits infect\u00e9 elle exp\u00e9rimenta comme rarement l\u2019instant, et pendant une seconde elle eut pleine conscience de sa condition et de son humanit\u00e9 ; elle trembla et dut attraper fermement le rebord pour ne pas tomber tout \u00e0 fait, aussi glissa-t-elle lentement sur le sol pour contr\u00f4ler les larmes qui montaient avec puissance de ses tripes \u00e0 sa gorge. Son visage se contorsionnait. Elle pleura tout le sel de ses blessures intimes.<\/p><p>\u00a0<\/p><p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Elle voulait aimer mais en \u00e9tait incapable, on ne lui avait pas appris comment faire. Ses manigances l\u2019\u00e9puisaient. Son reflet dans le miroir la laissait indiff\u00e9rente, du moins ne s\u2019y reconnaissait-elle pas. Dans ses larmes elle se mit \u00e0 sourire. Elle fut sur le point de se pardonner, elle voulait aplatir \u00e0 n\u00e9ant sa vergogne. La lueur de ses yeux \u00e9tait l\u2019inestimable vitrine de sa v\u00e9rit\u00e9 toute personnelle, de ses recoins secrets o\u00f9 elle ne se retrouvait que par hasard ou fatigue.<\/p><p>\u00a0<\/p><p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Dans l\u2019apoth\u00e9ose de cette jouissive exaltation, voulant se vider davantage de ce macabre cimeti\u00e8re qui la hantait, son cerveau fit ce qu\u2019elle redoutait, et c\u2019est peut-\u00eatre bien pour cela qu\u2019il le fit ; il interc\u00e9da sa gu\u00e9rison et ramena au sein de sa virtuelle concoction les ramifications d\u2019amour qui eurent bient\u00f4t fait d\u2019infester son \u00eatre meurtri ; sit\u00f4t s\u2019en aper\u00e7ut-elle qu\u2019elle voulut en freiner l\u2019action et ainsi en accentua-t-elle l\u2019effet, \u00e0 savoir le repli de toute \u00e9motion sous le couvercle d\u2019un param\u00e9trage exhaustif, protecteur, qui la sauvait \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition d\u2019une auto-destruction assur\u00e9e ; pour contrer cette n\u00e9faste progression elle cria de toutes ses forces, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de ne pas r\u00e9ussir \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 la normalit\u00e9. Elle n\u2019\u00e9tait jamais heureuse, c\u2019\u00e9tait un fait.<\/p><p>\u00a0<\/p><p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab Il arrive, songeait-elle, pour me d\u00e9livrer de cette fiction qui m\u2019\u00e9trangle, pour me serrer fort contre lui et souffler sur mon c\u0153ur un souvenir tendre ; pour lac\u00e9rer ma chair humiliante et me tuer, pour en finir avec ma douleur ; pour me sauver de moi-m\u00eame, de ce que je ne peux r\u00e9soudre. \u00bb Elle mourut, Christelle, une autre employ\u00e9e soumise \u00e0 Orl\u00e9ans, dont l\u2019ex-compagnon relatait l\u2019histoire avec un regard pein\u00e9 \u00e0 une journaliste ayant bien voulu faire le d\u00e9placement ; dix-neuf \u00e9nergiques m\u00e9talliques intromissions ne termin\u00e8rent pas sa vie mais ses battements, et elle disparut dans les parois aveugles de la ville qui renaissait le lendemain sans changement. Paris n\u2019est plus loin et Camille entendait presque ses pas dans le couloir devant la porte de son domicile, et la pause qui lui signifiait l\u2019attente de la circonstance opportune, et le flottement pr\u00e9-traumatique. D\u00e9barrasserait-elle son chemin de cette colossale barri\u00e8re et s\u2019aventurerait-elle dans les bras de son assaillant ? Aurait-elle le courage, au moins, de faire cela : d\u2019accepter sa fatalit\u00e9 ? Nulle \u00e9chappatoire, ni m\u00eame ne serait-ce que du r\u00eave encore, dans le moment pr\u00e9sent : le vide, la paix, le flot atemporel. Un semblant de joie.<\/p><p>\u00a0<\/p><p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Camille n\u2019\u00e9tait pas bien. Elle n\u2019alla plus travailler. Son portable sonnait mais c\u2019\u00e9tait pareil, d\u00e9sormais \u00e7a n\u2019avait plus d\u2019importance. \u00ab On m\u2019appelle pour quoi faire ? Pour travailler, effectuer un non-sens qui n\u2019est que morne d\u00e9plaisir, r\u00e9soudre des probl\u00e8mes cr\u00e9\u00e9s expr\u00e8s pour avoir quelque chose \u00e0 r\u00e9soudre, se berner d\u2019une id\u00e9e d\u2019accomplissement utilitaire risible au vu de tout ce qui demeure bancal et triste et horriblement douloureux. \u00bb Du royaume d\u2019objets inanim\u00e9s auquel elle appartenait et dont il \u00e9tait le roi, son sup\u00e9rieur gardait l\u2019illusion de pouvoir exercer son contr\u00f4le sur elle, mais ses messages vocaux qu\u2019elle \u00e9coutait, remplis d\u2019ordres et de frustration et de col\u00e8re ne lui inspiraient qu\u2019un d\u00e9go\u00fbt sans nom. De ses ongles de tigresse coula son sang mal\u00e9fique ; son visage, ses bras, son torse, ses seins ruisselaient de fr\u00e9n\u00e9sie \u00e9carlate. Ses persiennes closes l\u2019isolaient du jour et son corps insensible ne relayait plus la faim.<\/p><p>\u00a0<\/p><p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Elle se souvenait de certains moments de son pass\u00e9 et en \u00e9tait triste. Sa m\u00e8re qui \u00e9tait d\u00e9c\u00e9d\u00e9e il y a bien longtemps et qu\u2019elle ne pouvait avoir \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s \u00e9tait un rappel de sa parfaite sensibilit\u00e9. Le voile nocturne de douceur maternelle tombait du ciel sur son dos courb\u00e9 et un murmure transformait la vie de ces autres qu\u2019elle voyait \u00e0 travers les panneaux de verre de son immeuble en des sons visibles, une m\u00e9lodie qui dansait devant ses yeux endoloris, devant ses tensions mn\u00e9siques, devant ces rides qui ne la quittaient jamais et qui \u00e9taient le rejet qu\u2019elle transfigurait sur ces autres de sa peur de se donner telle qu\u2019elle \u00e9tait.<\/p><p>\u00a0<\/p><p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 C\u2019\u00e9tait le moment de l\u00e2cher prise mais elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 trop loin. Pour elle c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 trop tard. Les couleurs des rayons de vies annexes \u00e9taient autant de sentiments qu\u2019elle \u00e9prouvait ternis. Cela la r\u00e9confortait de pouvoir ne serait-ce que les voir ; ne serait-ce que se les repr\u00e9senter depuis les perspectives tordues d\u2019une rigidit\u00e9 d\u2019\u00e9ternel acier.<\/p><p>\u00a0<\/p><p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Non seulement souffrait-elle mais petit \u00e0 petit elle abandonnait. Elle s\u2019abandonnait en abandonnant la partie. Un son rouge glissa sur les airs, se rapprocha de son visage et repartit de plus belle pour se perdre dans les hauteurs : c\u2019\u00e9tait cette professeur de fran\u00e7ais qui l\u2019avait vue lorsqu\u2019elle lui rendit la copie de son devoir ; qui avait vu ce qu\u2019elle \u00e9tait et ce qu\u2019elle ressentait ; qui avait lu son r\u00e9cit d\u2019enfant qui exp\u00e9rimentait le monde des adultes, de leurs secrets d\u00e9sordonn\u00e9s et \u00e9vit\u00e9s, empathie juv\u00e9nile pr\u00eate \u00e0 \u00eatre tritur\u00e9e avec bienveillance et bonheur \u2013 cette enseignante, elle la laissait partir, elle la remerciait d\u2019avoir voulu lui donner quelque chose d\u2019elle pour la pr\u00e9server. Il avait fallu que son chemin eut \u00e9t\u00e9 celui qu\u2019elle v\u00e9cut. Elle s\u2019\u00e9tait vid\u00e9e et plus rien presque ne restait \u00e0 offrir, sans cesse s\u2019\u00e9tait-elle ruin\u00e9e \u00e0 accuser la r\u00e9ception des malheurs du monde qui en elle, dans sa bont\u00e9 avaient trouv\u00e9 le paradis sur terre.<\/p><p>\u00a0<\/p><p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Son destin inexorable pressait la porte de ses derniers retranchements. Comme l\u2019enfant peureuse qu\u2019elle avait \u00e9t\u00e9, l\u2019adulte aussi subissait le m\u00eame gel ali\u00e9nant. Ch\u00e9tive et lamentable, recroquevill\u00e9e dans sa maladive r\u00e9cession, elle continuait de regarder avec des yeux pleins d\u2019\u00e9toiles le ciel fantastique aux mille couleurs \u00e9parses qui repr\u00e9sentaient ceux qu\u2019elle n\u2019avait su valoriser et au chevet du souvenir desquels elle \u00e9mettait son ultime pri\u00e8re, \u00e9prise de la fulgurance de ces r\u00e9pressions qui avaient perp\u00e9tuellement sous-tendu ses actes nocifs et qui la tordaient d\u2019indicible crainte, h\u00e9rissant sa colonne d\u2019un frisson de mort : sa peau morte et blanche comme celle d\u2019un serpent qui d\u00e9c\u00e8de d\u2019une vie s\u2019extirpa d\u2019elle et commen\u00e7a \u00e0 flotter devant ses yeux, s\u2019avan\u00e7a vers la fen\u00eatre ouverte et marqua une pause devant le d\u00e9luge multicolore et po\u00e9tique ; l\u2019ambiance d\u2019une musique inconnue lui retira une larme tandis que le frisson de mort se r\u00e9g\u00e9n\u00e9rait encore \u00e0 la naissance de sa moelle ; la peau ne se d\u00e9cidait pas \u00e0 sauter et elle sentait que quelque chose de terrible se tramait pour elle, de lourds sons secouaient son c\u0153ur f\u00e9brile qui en perdait ses battements et lui remontait \u00e0 la gorge ; ses yeux incr\u00e9dules sortaient de leurs orbites et devant la beaut\u00e9 de la parade de son aveu de faiblesse, et devant sa peau qui h\u00e9sitait \u00e0 prendre le large pour sombrer dans les profondeurs de l\u2019effacement au monde, les pas du meurtrier s\u2019agrandissaient et leur puissante magnitude s\u2019intensifiait \u00e0 chacune de ses tentatives d\u2019inspiration pour r\u00e9cup\u00e9rer son souffle entrecoup\u00e9 ; la tension devint telle et ses yeux \u00e9taient tellement gonfl\u00e9s de larmes, son cri frustr\u00e9 \u00e9tait tel que bient\u00f4t ses facult\u00e9s de vie n\u2019auraient su faire autre chose que la quitter pour lui interdire l\u2019insupportable d\u00e9chirement ; les rayons color\u00e9s fusaient et cr\u00e9aient un spectacle merveilleux, sa peau souriait et les pas vrombissaient \u00e0 ses oreilles ; le temps s\u2019arr\u00eata, le ciel devint noir, la peau demeura immobile, elle se retourna et mourut \u00e0 l\u2019instant devant la vision d\u2019Horreur.<\/p>\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-b937ba1 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"b937ba1\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-b842907\" data-id=\"b842907\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-d685dba elementor-widget elementor-widget-spacer\" data-id=\"d685dba\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"spacer.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-spacer\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-spacer-inner\"><\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-f7503bb elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"f7503bb\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-b3ce5b7\" data-id=\"b3ce5b7\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-653d964 elementor-view-default elementor-widget elementor-widget-icon\" data-id=\"653d964\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"icon.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-icon-wrapper\">\n\t\t\t<a class=\"elementor-icon\" href=\"https:\/\/ezequielvolpe.com\/en\/honte\/\">\n\t\t\t<i aria-hidden=\"true\" class=\"fas fa-chevron-up\"><\/i>\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-e53c625 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"e53c625\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-07b2688\" data-id=\"07b2688\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-9404eee elementor-widget elementor-widget-spacer\" data-id=\"9404eee\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"spacer.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-spacer\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-spacer-inner\"><\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Camille rentra tard du travail. Il \u00e9tait presque minuit. Son sup\u00e9rieur lui avait demand\u00e9 de faire des heures suppl\u00e9mentaires. Ces heures ne seraient pas r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es. Ce n\u2019\u00e9tait pas non plus un \u00e9v\u00e9nement extraordinaire, ce m\u00eame sch\u00e9ma se reproduisait quotidiennement. 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